Le 4e mur de la maison du monde
Thèse (4e de couverture)
Thèse de 3° cycle en Histoire du cinéma et esthétique audiovisuelle.
Sous la direction de Guy Chapouillié, directeur-fondateur de l’ESAV – Ecole Supérieure d’Audiovisuel de l’Université  de Toulouse Le Mirail.
Soutenue en décembre 2007.
 

Christian Le Bars : REGARDS CINÉMATOGRAPHIQUES SUR LA MORT : Pasolini, Godard, le film de deuil.
 
Une des caractéristiques des sociétés modernes est qu’elles ont « exterritorialisé » la mort à l’hôpital - aboutissement logique de sa médicalisation. (Baudrillard, 1976). La mort est « interdite » (Ariès : 1975) et le deuil est une affaire privée, c’est entendu. Cependant, « la mort dans une société, il faut bien qu’elle soit quelque part. » (Barthes, 1980). Or les signes par lesquels la dimension collective de la mort était visible et qui dans les sociétés coutumières jouaient un rôle non négligeable, ont quasiment disparu.  Cette  « exterritorialisation » va de pair avec une « externalisation » (tacite) comme si la société laïque avait demandé à l’industrie cinématographique de se substituer à la  « pompe funèbre ».
Plusieurs processus distincts ont convergé si bien que, à l’époque du cinéma classique (selon la typologie de Deleuze : 1983), l’échange avec les morts n’est plus symbolique mais est devenu imaginaire (Thomas, 1975). « Le mort n’est pas seulement une figure fréquente dans le cinéma, il en est la figure exemplaire ... » (Rosset, 2001)
Et s’il est vrai que « la mort nous fait ses promesses par cinématographe », ce ne peut être que par la médiation des deux mythes de la mort : celui du double et celui de la métamorphose (Morin, 1956) à l’oeuvre particulièrement dans la cinématographie de Pasolini analysée comme « imaginarisation » de sa propre mort, et dans celle de Godard comme « opération de deuil ».
La prise en considération de films où la mort est envisagée symboliquement,  fût-ce sous forme allégorique : fantômes ou revenants, vampires et morts vivants du genre fantastique, que l’on oppose à des cinéastes / réalisateurs et réalisatrices qui, laissant délibérément de côté les références mythiques, décrivent phénoménologiquement « comment on meurt » autour des « hétérotopies » opposées que sont l’hôpital et le cimetière (Foucault, 1967-1984), amène à se demander si la médiation des mythes est nécessaire, incontournable ou si l’on peut y renoncer. Ce qui serait la caractéristique des récents films de deuil. Ce sont là les « deux voies de l’imaginaire » (Blanchot : 1955) issues de la « naissance de la clinique » (Foucault : 1963) : la première, comme revanche de l’imaginaire pendant l’ « inversion de la mort » ; la seconde, comme réaction au tabou de la mort qui en est résulté.
 
Mots clés : mort « interdite », mort collective, exterritorialisation, externalisation, hétérotopies, deuil, imaginarisation, Pasolini, Godard.
 

Christian Le Bars : CINEMATIC VIEWS OF DEATH : Pasolini, Godard, mourning films.
 
One of the characteristics of modern societies is that they have exterritorialized death to hospitals – a logical outcome of medicalization. (Baudrillard : 1976). It is understood that death is “forbidden” and that mourning is a private matter. However, “death must be somewhere in a society.” (Barthes : 1980). Yet, the signs through which the collective dimension of death were visible, and that in ritualized societies played a sizeable role, have almost disappeared. This exterritorialization is coupled with an (unstated) externalization almost as if secular society had asked the film industry to replace “the funeral home.” Several distinct processes have converged, so that, by the age of classical cinema (according to the typology of Deleuze : 1983), the exchange with death is no longer symbolic but has become imaginary (L. -V. Thomas : 1975). Indeed, “death is not only a frequent figure in cinema, it is the exemplary figure…”(Rosset : 2001).
While it is true that “death makes its promises to us through cinematography,” it can only occur through the mediation of the two death myths: the double and the metamorphosis (Morin, 1956) which are particularly at work in Pasolini’s films analyzed as the “imagining” of his own death and in Godard’s films as an “operation of mourning.” By taking into consideration the films where death is symbolically envisioned, through allegorical forms: ghosts or spirits, vampires and zombies in fantasy films, as opposed to filmmakers who, intentionally leaving out mythical references, describe phenomenologically “how one dies” through the opposing “heterotopias” of the hospital and the cemetery (Foucault, 1967-1984), one wonders if the mediation of myths is necessary, unavoidable or if one can renounce it. This would be characteristic of recent mourning films. These are the “two imaginary paths” (Blanchot: 1955) created out of the “birth of the clinic” (Foucault: 1963): the first as the revenge of the imaginary during the “inversion of death” and the second as the reaction to the taboo of death that is its result.
 
Key words : “forbidden” death, collective death, exterritorialization, externalization “heterotopias”, mourning, “imagining”, Pasolini, Godard.
 

DISCIPLINE : Etudes cinématographiques et audiovisuelles
 

ECOLE SUPERIEURE D’AUDIOVISUEL / UNIVERSITE DE TOULOUSE II - 56, rue du Taur 31000 Toulouse

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Mis en ligne le 1er décembre 2010, visites : Copyright 2013 Christian Le Bars - Auteur